Les interviews de l'Observatoire
Audrey Pulvar : "La compensation financière n'est pas suffisante"
NOUVELOBS.COM | 15.12.2008 | 16:27
Invitée des forums de nouvelobs.com, la journaliste dénonce "un sous-financement du service public qui pourrait conduire, à terme, à la suppression ou à la privatisation d'une ou plusieurs de ses chaînes".
La journaliste de France 3, Audrey Pulvar, invitée des forums de nouvelobs.com, lundi 15 décembre, a exprimé son inquiétude face à la réforme de l'audiovisuel public, dénonçant "un sous-financement du service public qui pourrait conduire, à terme, à la suppression ou à la privatisation d'une ou plusieurs de ses chaînes".
La présentatrice du 19/20, qui a défilé à plusieurs reprises contre cette réforme, explique qu'elle est favorable à la suppression de la publicité sur France Télévisions, mais opposée à un "modèle de compensation financière (…) ni suffisant, ni pérenne". Elle souligne un manque à gagner pour le groupe public : "Comment demander à France Télévisions de fabriquer et d'offrir la même qualité de programmes, sur le même nombre de chaînes, quand le tiers de son financement disparaît et n'est pas complètement compensé ?"
Une augmentation de la redevance "plus judicieuse"
Décrivant une ambiance "morose" à France 3, la journaliste estime qu'une augmentation de la redevance aurait été "plus judicieuse et plus claire", et juge une augmentation des tarifs des fournisseurs Internet "très probable".
Interrogée sur la nomination par l'Elysée du président de France Télévisions, Audrey Pulvar dit "craindre que l'indépendance de ce président ne soit légèrement contrainte". "Je crois Nicolas Sarkozy assez fin pour désigner, au moins tout de suite, une personnalité incontestable, voire une personnalité notoirement 'de gauche', afin de couper court aux critiques", affirme-t-elle. "Il faudrait cependant quelqu'un d'assez courageux pour faire ses propres choix de gouvernance et de contenu de programmes, et non des choix dont il ou elle imaginerait qu'ils correspondent aux souhaits de l'Elysée." Selon la journaliste, le système actuel de nomination par le CSA "n'est pas si mauvais qu'il faille le changer".
"Forcément, je cours un risque"
Réfutant l'idée de "cadeau aux copains du président" ou de "volonté de démanteler le service public", elle juge que "Nicolas Sarkozy aura particulièrement à cœur de mener à son terme une réforme voulue, en son temps, par la gauche, sur l'air de 'la gauche en a rêvé, moi je l'ai fait'".
Elle souligne enfin la différence entre les programmes de France Télévisions et ceux des chaînes privées, que le chef de l'Etat avait mise en doute. " Je reconnais que certains de nos programmes ressemble à ceux des chaines privées mais pas tous ! Nous avons quand même une incroyable diversité de programmes qui font appel à l'intelligence de nos téléspectateurs (au lieu de vendre du temps de cerveau disponible !) et éveillent leur curiosité, non ?"
Quand on lui demande comment la direction de France Télévisions a réagi à ses prises de position contre la réforme, la journaliste répond : "Je n'ai pas eu de commentaires directs, mais je sais que mon attitude et mes réponses à de nombreuses interviews ont été l'objet de discussions en comité de direction." "Forcément, je cours un risque", reprend-elle, se défendant toutefois de "faire de la politique".
> Lire l'intégralité du forum
La journaliste de France 3, Audrey Pulvar, invitée des forums de nouvelobs.com, lundi 15 décembre, a exprimé son inquiétude face à la réforme de l'audiovisuel public, dénonçant "un sous-financement du service public qui pourrait conduire, à terme, à la suppression ou à la privatisation d'une ou plusieurs de ses chaînes".
La présentatrice du 19/20, qui a défilé à plusieurs reprises contre cette réforme, explique qu'elle est favorable à la suppression de la publicité sur France Télévisions, mais opposée à un "modèle de compensation financière (…) ni suffisant, ni pérenne". Elle souligne un manque à gagner pour le groupe public : "Comment demander à France Télévisions de fabriquer et d'offrir la même qualité de programmes, sur le même nombre de chaînes, quand le tiers de son financement disparaît et n'est pas complètement compensé ?"
Une augmentation de la redevance "plus judicieuse"
Décrivant une ambiance "morose" à France 3, la journaliste estime qu'une augmentation de la redevance aurait été "plus judicieuse et plus claire", et juge une augmentation des tarifs des fournisseurs Internet "très probable".
Interrogée sur la nomination par l'Elysée du président de France Télévisions, Audrey Pulvar dit "craindre que l'indépendance de ce président ne soit légèrement contrainte". "Je crois Nicolas Sarkozy assez fin pour désigner, au moins tout de suite, une personnalité incontestable, voire une personnalité notoirement 'de gauche', afin de couper court aux critiques", affirme-t-elle. "Il faudrait cependant quelqu'un d'assez courageux pour faire ses propres choix de gouvernance et de contenu de programmes, et non des choix dont il ou elle imaginerait qu'ils correspondent aux souhaits de l'Elysée." Selon la journaliste, le système actuel de nomination par le CSA "n'est pas si mauvais qu'il faille le changer".
"Forcément, je cours un risque"
Réfutant l'idée de "cadeau aux copains du président" ou de "volonté de démanteler le service public", elle juge que "Nicolas Sarkozy aura particulièrement à cœur de mener à son terme une réforme voulue, en son temps, par la gauche, sur l'air de 'la gauche en a rêvé, moi je l'ai fait'".
Elle souligne enfin la différence entre les programmes de France Télévisions et ceux des chaînes privées, que le chef de l'Etat avait mise en doute. " Je reconnais que certains de nos programmes ressemble à ceux des chaines privées mais pas tous ! Nous avons quand même une incroyable diversité de programmes qui font appel à l'intelligence de nos téléspectateurs (au lieu de vendre du temps de cerveau disponible !) et éveillent leur curiosité, non ?"
Quand on lui demande comment la direction de France Télévisions a réagi à ses prises de position contre la réforme, la journaliste répond : "Je n'ai pas eu de commentaires directs, mais je sais que mon attitude et mes réponses à de nombreuses interviews ont été l'objet de discussions en comité de direction." "Forcément, je cours un risque", reprend-elle, se défendant toutefois de "faire de la politique".
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Les interviews de l'Observatoire
L’ensemble des participants aux Assises Internationales du Journalisme ont tenus à se rassembler en édition spéciale le 20 janvier à Paris pour formuler les propositions qui peuvent permettre à leurs yeux de garantir le droit de chaque citoyen à une information de qualité. Ces 14 mesures seront soumises aux citoyens, aux éditeurs et aux politiques...
Le Magazine EUROPA
L'idée du magazine Europa est partie de l'Université de Nantes avec pour ambition de s'intéresser aux grands sujets de société et en informer le monde universitaire. Une des originalités de cette publication est d'avoir mis en place un réseau de rédacteurs particuliers dans des universités européennes et de leur faire apporter leur propre regard sur les sujets rédactionnels retenus, le tout étant imprégné cependant d'un certain regard étudiant.
Cette démarche séduisante a connu un réel essor et le magazine a atteint un tirage national de 20 000 exemplaires essentiellement dans l'Ouest et l'Est du territoire. Quelques divergences étant apparues avec l'importante antenne strasbourgeoise, sur l'orientation rédactionnelle du magazine, la rédaction nantaise a conservé sa ligne rédactionnelle : nombre limité de sujets par numéro avec traitement exhaustif d'un sujet de sujet de société ( les ONG dans le N° Déc-Janv 09 )
Sur cette orientation le magazine est publié bi-mestriellement à 8000 exemplaires et distribué gratuitement dans les facultés de l'Ouest et dans certains lieux plus spécialement fréquentés par le monde universitaire.La réalisation de cette publication se fait essentiellement avec 2 collaborateurs permanents et l'aide active de bénévoles,le budget annuel atteint 85000€ issu à 60% de financements publics.
Pour la petite histoire, le dernier éditorial de C.Bérard traitant avec vraisemblance d'un achat de son magazine par la société de Luc Besson, n'était en fait qu'un canular destiné à "tester les lecteurs habituels sur l'indépendance de la publication"(sic) et il aurait pu passer inaperçu si un journaliste de Presse Océan. n'avait eu la malencontreuse idée d'en faire imprudemment un scoop dans son journal, le "landerneau" de la presse locale en fut momentanément tout retourné !
Il ne faudrait pas cependant que ce non-évènement galvaude la crédibilité professionnelle des journalistes.
L'idée du magazine Europa est partie de l'Université de Nantes avec pour ambition de s'intéresser aux grands sujets de société et en informer le monde universitaire. Une des originalités de cette publication est d'avoir mis en place un réseau de rédacteurs particuliers dans des universités européennes et de leur faire apporter leur propre regard sur les sujets rédactionnels retenus, le tout étant imprégné cependant d'un certain regard étudiant.
Cette démarche séduisante a connu un réel essor et le magazine a atteint un tirage national de 20 000 exemplaires essentiellement dans l'Ouest et l'Est du territoire. Quelques divergences étant apparues avec l'importante antenne strasbourgeoise, sur l'orientation rédactionnelle du magazine, la rédaction nantaise a conservé sa ligne rédactionnelle : nombre limité de sujets par numéro avec traitement exhaustif d'un sujet de sujet de société ( les ONG dans le N° Déc-Janv 09 )
Sur cette orientation le magazine est publié bi-mestriellement à 8000 exemplaires et distribué gratuitement dans les facultés de l'Ouest et dans certains lieux plus spécialement fréquentés par le monde universitaire.La réalisation de cette publication se fait essentiellement avec 2 collaborateurs permanents et l'aide active de bénévoles,le budget annuel atteint 85000€ issu à 60% de financements publics.
Pour la petite histoire, le dernier éditorial de C.Bérard traitant avec vraisemblance d'un achat de son magazine par la société de Luc Besson, n'était en fait qu'un canular destiné à "tester les lecteurs habituels sur l'indépendance de la publication"(sic) et il aurait pu passer inaperçu si un journaliste de Presse Océan. n'avait eu la malencontreuse idée d'en faire imprudemment un scoop dans son journal, le "landerneau" de la presse locale en fut momentanément tout retourné !
Il ne faudrait pas cependant que ce non-évènement galvaude la crédibilité professionnelle des journalistes.
La boîte à idées
Les interviews de l'Observatoire
A côté des grands médias traditionnels, le site Rue 89 a réussi en seulement deux années a s'imposer comme une nouvelle référence en matière d'information. Pierre Haski nous décrit les équilibres du modèle Rue89.
Interview : Jean-claude Charrier pour l'Observatoire universitaire des médias
Réalisation : Walter Bonomo
Réalisation : Walter Bonomo
Pierre HASKI, journaliste français, cofondateur et collaborateur du site Rue89
Biographie
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Né en 1953 à Tunis, Pierre HASKI rejoint le journal Libération en 1981, plus précisément le domaine international. Il est nommé responsable de la rubrique Afrique, avant d’être en charge, entre 1988 et 1993, de la rubrique diplomatique, puis d’être le correspondant à Jérusalem en 1993. Il revient à Paris en 1995, comme chef du service international et rédacteur en chef adjoint. Nommé Directeur adjoint de la rédaction, Il y restera Jusqu'en 2007, année de son départ de Libération.
En septembre 2007, il est chroniqueur sur Europe 1.
Pierre HASKI a également été le correspondant de Libération en Chine de 2000 à 2006, où il a tenu un blog très visité : Mon journal de Chine. L'accès à ce blog sera bloqué par les autorités chinoises, en raison de la liberté de ton qu'il adopte.
Voir son livre Cinq ans en Chine, Les Arènes, 2006.
Pour son œuvre Chine, les damnés du sida, Grasset, 2005, il reçoit le Prix international des médias et le Prix Joseph Kessel.
Pierre HASKI crée en mars 2007 le site d'information Rue89, avec Arnaud Aubron, Michel Lévy-Provençal, Laurent Mauriac et Pascal Riché.
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Biographie
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Né en 1953 à Tunis, Pierre HASKI rejoint le journal Libération en 1981, plus précisément le domaine international. Il est nommé responsable de la rubrique Afrique, avant d’être en charge, entre 1988 et 1993, de la rubrique diplomatique, puis d’être le correspondant à Jérusalem en 1993. Il revient à Paris en 1995, comme chef du service international et rédacteur en chef adjoint. Nommé Directeur adjoint de la rédaction, Il y restera Jusqu'en 2007, année de son départ de Libération.
En septembre 2007, il est chroniqueur sur Europe 1.
Pierre HASKI a également été le correspondant de Libération en Chine de 2000 à 2006, où il a tenu un blog très visité : Mon journal de Chine. L'accès à ce blog sera bloqué par les autorités chinoises, en raison de la liberté de ton qu'il adopte.
Voir son livre Cinq ans en Chine, Les Arènes, 2006.
Pour son œuvre Chine, les damnés du sida, Grasset, 2005, il reçoit le Prix international des médias et le Prix Joseph Kessel.
Pierre HASKI crée en mars 2007 le site d'information Rue89, avec Arnaud Aubron, Michel Lévy-Provençal, Laurent Mauriac et Pascal Riché.
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Article présentant le livre de Pierre Haski "Internet et la Chine" paru dans le Point le 26 juin 2008, fait par Olivier Weber.
Comment contrôler l'information électronique sans brider le réveil d'un géant?. Superpuissance en devenir, la Chine a "appris" Internet et a tissé sa propre toile. Au centre de l'écran : 200 millions d'utilisateurs et 50 millions de blogs. Alors que le dogme est défaillant, l'empire du Milieu s'invente un code de communication : tout pour la croissance, rien pour la contestation.
Fin analyste de la Chine, où il a séjourné pendant cinq ans pour le quotidien Libération, Pierre Haski nous livre ici une surprenante plongée au pays de Big Brother. De la superblogueuse Xu Jinglei au PDG du prodigieux Sina.Com, des inspecteurs hyper-spécialisés de l'électronique ou au premier mort du Net, le livre fourmille de portraits étonnants. Pierre Haski avait déjà dénoncé le scandale du sang contaminé dans une remarquable enquête, "le sang de la Chine" qui décrivait des villages de "sidiens" abandonnés de tous. En mandarin du Net, ce cofondateur du site Rue89 décrypte désormais la guerre de la censure en Chine : insidieuse, implacable, cruelle. Bref, le modèle chinois se veut aussi cyberpolicier. Les démocrates, eux, attendent leur tour, sur leurs claviers.
Article retranscrit par Patrick de La Besnardière
Comment contrôler l'information électronique sans brider le réveil d'un géant?. Superpuissance en devenir, la Chine a "appris" Internet et a tissé sa propre toile. Au centre de l'écran : 200 millions d'utilisateurs et 50 millions de blogs. Alors que le dogme est défaillant, l'empire du Milieu s'invente un code de communication : tout pour la croissance, rien pour la contestation.
Fin analyste de la Chine, où il a séjourné pendant cinq ans pour le quotidien Libération, Pierre Haski nous livre ici une surprenante plongée au pays de Big Brother. De la superblogueuse Xu Jinglei au PDG du prodigieux Sina.Com, des inspecteurs hyper-spécialisés de l'électronique ou au premier mort du Net, le livre fourmille de portraits étonnants. Pierre Haski avait déjà dénoncé le scandale du sang contaminé dans une remarquable enquête, "le sang de la Chine" qui décrivait des villages de "sidiens" abandonnés de tous. En mandarin du Net, ce cofondateur du site Rue89 décrypte désormais la guerre de la censure en Chine : insidieuse, implacable, cruelle. Bref, le modèle chinois se veut aussi cyberpolicier. Les démocrates, eux, attendent leur tour, sur leurs claviers.
Article retranscrit par Patrick de La Besnardière
Prochain invité
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Conférence de l'Observatoire universitaire des médias : 19/03/2010
Jean Bothorel, journaliste et écrivain...06/03/2010
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