Les interviews de l'Observatoire
Interview : Jean-claude Charrier
Réalisation : Walter Bonomo
Compte rendu de la conférence avec Jean-Marc Illouz, le vendredi 9 janvier 2009 au CCO
par Amélie Bussonnière - Master 2 Médias de Sciencescom
L’invitée d’origine, Dorothée Olliéric, grand reporter - d'origine nantaise - est actuellement envoyée spéciale de France 2 pour couvrir l'offensive israélienne contre le Hamas à Gaza. Partie dès l'origine du conflit, elle devait rentrer à Paris lundi 5 janvier. Depuis le début de l'offensive terrestre les journalistes étrangers sont bloqués à la frontière de la bande de Gaza, et les journalistes pouvant franchir la frontière sont tirés au sort par les israéliens par petits groupes. Dorothée Olliéric a tiré le n° 3 sur 50, ce qui l'a contrainte, avec son équipe, à rester sur place pour être prête le moment venu. Elle a d'ailleurs envoyé chaque jour des reportages diffusés au JT de France 2, dont l'un montrant les risques liés à l'explosion des roquettes dans cette zone.
C’est donc un de ses collègues qui a été invité pour la remplacer, Jean-Marc ILLOUZ.
Biographie de ce grand reporter :
Né en 1946 à Oran (Algérie), Jean-Marc ILLOUZ a grandi parmi des populations juives et arabes à Tlemcen, au nord-ouest de l’Algérie. Ancien Elève de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris à la fin des années 60, il est, comme Dorothée OLLIERIC, un journaliste engagé et passionné par son métier. Il a couvert de nombreux conflits en tant que correspondant de guerre (Vietnam, Cambodge, Moyen-Orient, Irlande du Nord, Yougoslavie…).
Jean-Marc ILLOUZ débute sa carrière comme journaliste indépendant pour l’Agence France-Presse et France Inter, ou encore pour Reuters et l’Express.
Entré en 1975 sur France 2, il y est aujourd’hui Grand Reporter. Auparavant, il a collaboré à différents magazines de la chaîne (Envoyé Spécial, Face à l’Image) et a été Grand Reporter au service étranger (Liban, Israël, Etats-Unis, Europe, Afrique de l’Ouest, Amérique Latine, Asie, Union Soviétique, ex-Yougoslavie…). Il a également été Envoyé Spécial permanent à Washington, de 1992 et 1995.
Jean-Marc ILLOUZ vit aujourd’hui à Paris, où il enseigne le journalisme à l’Institut des Médias (ISCPA), et à l’American University of Paris.
Conférence :
Selon Jean-Marc Illouz, le grand reportage à la télévision a trois principaux buts :
- il doit témoigner ;
- il doit mettre en perspective pour comprendre les différences au travers des cultures, des langues ;
- il doit y avoir du vécu pour lier les éléments du reportage, pour communiquer ce que le journaliste a ressenti.
On trouve trois types de reportages aujourd’hui :
- les nouvelles brutes, d’une durée très courtes allant d’une minute trente à trois minutes ;
- le magazine commandé, comme Envoyé spécial ou Complément d’enquête, il s’agit de commandes faite aux journalistes pour réaliser un magazine d’images, de vécu. On parle aussi de magazine d’accompagnement lorsqu’il s’agit de suivre de près les acteurs d’une vie, d’une situation ;
- le reportage documentaire qui demande des recherches documentaires, historiques avec une manière plus personnelle d’aborder les choses.
Jean-Marc Illouz a évoqué rapidement le problème de la vitesse de l’information. Aujourd’hui il faut aller vite et être prudent dans l’apport d’information.
En ce qui concerne le reportage de guerre :
- il faut savoir se protéger, la naïveté est mortelle. Il est nécessaire de se préserver et de préserver les autres.
- il faut savoir intégrer la culture locale tant du point de vue historique, que religieux, pour mieux transmettre l’information.
- il n’est pas nécessaire de rajouter de la souffrance à l’un des camps que l’on rencontre lors d’un conflit.
- la présence du journaliste ne doit pas provoquer d’actions pour avoir du sensationnel.
Selon Jean-Marc Illouz, on enferme de plus en plus les informations brutes dans un factuel d’images privées de contexte. Il est plus facile de montrer une personne qui souffre que d’expliquer une information complexe. De plus, on dériverait vers un formatage de l’information. Tous les reportages ou articles de presse se ressemblent alors que le monde dans lequel nous vivons n’a pas d’ordre précis.
En ce qui concerne les risques du métier, il a vu très souvent la mort de près, que ce soit la sienne ou celle des autres. Mais il relativise beaucoup car il a fait ce choix de vie. Le contact avec des personnes dans le malheur ou en danger de mort lui ont prouvé que leur courage était plus impressionnant que le sien.
Il a enfin évoqué les « fixeurs », les contacts des journalistes dans les pays étrangers. Ces personnes moyennant une forte somme d’argent sont indispensables pour comprendre la langue d’un pays, pour avoir une protection…
Réalisation : Walter Bonomo
Compte rendu de la conférence avec Jean-Marc Illouz, le vendredi 9 janvier 2009 au CCO
par Amélie Bussonnière - Master 2 Médias de Sciencescom
L’invitée d’origine, Dorothée Olliéric, grand reporter - d'origine nantaise - est actuellement envoyée spéciale de France 2 pour couvrir l'offensive israélienne contre le Hamas à Gaza. Partie dès l'origine du conflit, elle devait rentrer à Paris lundi 5 janvier. Depuis le début de l'offensive terrestre les journalistes étrangers sont bloqués à la frontière de la bande de Gaza, et les journalistes pouvant franchir la frontière sont tirés au sort par les israéliens par petits groupes. Dorothée Olliéric a tiré le n° 3 sur 50, ce qui l'a contrainte, avec son équipe, à rester sur place pour être prête le moment venu. Elle a d'ailleurs envoyé chaque jour des reportages diffusés au JT de France 2, dont l'un montrant les risques liés à l'explosion des roquettes dans cette zone.
C’est donc un de ses collègues qui a été invité pour la remplacer, Jean-Marc ILLOUZ.
Biographie de ce grand reporter :
Né en 1946 à Oran (Algérie), Jean-Marc ILLOUZ a grandi parmi des populations juives et arabes à Tlemcen, au nord-ouest de l’Algérie. Ancien Elève de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris à la fin des années 60, il est, comme Dorothée OLLIERIC, un journaliste engagé et passionné par son métier. Il a couvert de nombreux conflits en tant que correspondant de guerre (Vietnam, Cambodge, Moyen-Orient, Irlande du Nord, Yougoslavie…).
Jean-Marc ILLOUZ débute sa carrière comme journaliste indépendant pour l’Agence France-Presse et France Inter, ou encore pour Reuters et l’Express.
Entré en 1975 sur France 2, il y est aujourd’hui Grand Reporter. Auparavant, il a collaboré à différents magazines de la chaîne (Envoyé Spécial, Face à l’Image) et a été Grand Reporter au service étranger (Liban, Israël, Etats-Unis, Europe, Afrique de l’Ouest, Amérique Latine, Asie, Union Soviétique, ex-Yougoslavie…). Il a également été Envoyé Spécial permanent à Washington, de 1992 et 1995.
Jean-Marc ILLOUZ vit aujourd’hui à Paris, où il enseigne le journalisme à l’Institut des Médias (ISCPA), et à l’American University of Paris.
Conférence :
Selon Jean-Marc Illouz, le grand reportage à la télévision a trois principaux buts :
- il doit témoigner ;
- il doit mettre en perspective pour comprendre les différences au travers des cultures, des langues ;
- il doit y avoir du vécu pour lier les éléments du reportage, pour communiquer ce que le journaliste a ressenti.
On trouve trois types de reportages aujourd’hui :
- les nouvelles brutes, d’une durée très courtes allant d’une minute trente à trois minutes ;
- le magazine commandé, comme Envoyé spécial ou Complément d’enquête, il s’agit de commandes faite aux journalistes pour réaliser un magazine d’images, de vécu. On parle aussi de magazine d’accompagnement lorsqu’il s’agit de suivre de près les acteurs d’une vie, d’une situation ;
- le reportage documentaire qui demande des recherches documentaires, historiques avec une manière plus personnelle d’aborder les choses.
Jean-Marc Illouz a évoqué rapidement le problème de la vitesse de l’information. Aujourd’hui il faut aller vite et être prudent dans l’apport d’information.
En ce qui concerne le reportage de guerre :
- il faut savoir se protéger, la naïveté est mortelle. Il est nécessaire de se préserver et de préserver les autres.
- il faut savoir intégrer la culture locale tant du point de vue historique, que religieux, pour mieux transmettre l’information.
- il n’est pas nécessaire de rajouter de la souffrance à l’un des camps que l’on rencontre lors d’un conflit.
- la présence du journaliste ne doit pas provoquer d’actions pour avoir du sensationnel.
Selon Jean-Marc Illouz, on enferme de plus en plus les informations brutes dans un factuel d’images privées de contexte. Il est plus facile de montrer une personne qui souffre que d’expliquer une information complexe. De plus, on dériverait vers un formatage de l’information. Tous les reportages ou articles de presse se ressemblent alors que le monde dans lequel nous vivons n’a pas d’ordre précis.
En ce qui concerne les risques du métier, il a vu très souvent la mort de près, que ce soit la sienne ou celle des autres. Mais il relativise beaucoup car il a fait ce choix de vie. Le contact avec des personnes dans le malheur ou en danger de mort lui ont prouvé que leur courage était plus impressionnant que le sien.
Il a enfin évoqué les « fixeurs », les contacts des journalistes dans les pays étrangers. Ces personnes moyennant une forte somme d’argent sont indispensables pour comprendre la langue d’un pays, pour avoir une protection…
Rédigé par Amélie Bussonnière - Master 2 Médias de Sciencescom le Samedi 10 Janvier 2009
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