La presse et nous

Fonction:Journaliste ou Policier


Je partage l'opinion de J-C. Charrier et j'ai trouvé que l'article de J-C. Guillebaud dans Téléobs du 24/04 ,répondait parfaitement à nos interrogations: ci-dessous avec l'autorisation de son auteur.

jcb_n_o.pdf JCB N-O.pdf  (556.92 Ko)

Rédigé par gérard Salouze le Mercredi 28 Avril 2010 | Commentaires (0)

Avec Médias, la faillite d’un contre pouvoir, le rédacteur en chef de Témoignage chrétien, Luc Chatel (1), signe son premier ouvrage.
Le journaliste y brosse le tableau d’une profession qui se précarise sur fond de crise de confiance.


LUC CHATEL, SOUFFRANCE EN FRANCE MEDIATIQUE
Journaliste : un métier mythique dont le vernis commence à s’écailler sérieusement. Car les sondages se suivent et se ressemblent : moins d’un tiers des Français feraient confiance aux médias.
A force de privilégier le spectacle, de se satisfaire du consensus mou et du mimétisme au point de mêler information et communication, la presse en a perdu sa vocation démocratique de contre-pouvoir, et avec, sa crédibilité aux yeux de la majorité des citoyens. Pourtant, y compris dans la presse d’opinion, ça ne bronche pas beaucoup dans les rédactions.
La faute aux journalistes, tous des « nouveaux chiens de garde » de l’idéologie dominante ?
Pas si simple, comme en témoigne l’étude réalisée par les journalistes Philippe Merlant et Luc Chatel dans Médias, la faillite d’un contre-pouvoir , dont la sortie a été accompagnée d’un silence qui illustre bien que le métier a du mal à se remettre en cause.
Selon le philosophe Miguel Benasayag, qui préface leur ouvrage : « Dans des sociétés où la population est infantilisée, notamment par des injonctions permanentes à consommer, la production d’informations dénuées de contexte, de sens, de chair, entraîne une soumission supplémentaire : on est condamné à recevoir des salves de données et à les ingurgiter sans même prendre le temps de les digérer, encore moins de les rejeter. »
Comme le note les auteurs, concernant les emballements médiatiques, « … En décortiquant ces affaires, on retrouve quasiment toujours le même schéma : précipitation, paresse, course à l’audience et à l’émotion. Le premier remède est archisimple, il tient en un mot : vérification. Mais rien n’y fait. »
Cette crise de la presse ne tient donc pas qu’à l’uniformisation, la concentration et la connivence, … et c’est là l’intérêt du travail des journalistes qui ont le mérite d’introduire enfin un nouvel élément d’analyse : la précarité du métier.
« Pour des raisons de rentabilité, expliquent les auteurs, les statuts deviennent de plus en plus précaires : stagiaires, pigistes, CDD sont légion à courir après le feuillet pour payer leur loyer. Par ailleurs, le public peut-il se reconnaître dans des journaux dont la majorité des sujets sont choisis par une poignée de rédacteurs en chef, portant à peu près tous le même regard sur le monde ? Et si le malaise des lecteurs trouvait sa source dans ce malaise, sinon la souffrance des rédacteurs ? »
Cette contribution permettra-t-elle de pousser la profession à s’organiser pour changer les choses … il en va de l’avenir de la presse et de la démocratie.
(1) Agé de 36 ans, Luc Chatel (qui n’est pas ministre) est rédacteur en chef de l’hebdomadaire Témoignage chrétien depuis 2008. Entré en 1997 comme stagiaire, il a été responsable des pages religion puis culture. Médias, faillite d’un contre-pouvoir est son premier ouvrage.

Rédigé par andré Lescop le Mercredi 21 Avril 2010 | Commentaires (0)

Alors que les journalistes viennent d’obtenir par la loi du 4 janvier 2010 sur la protection des sources d’information une loi importante pour la liberté de la presse, car elle leur permet de tenir secret leurs sources d’information, le magazine télévisé de France 2 Les infiltrés de David Pujadas et Hervé Chabalier (agence Capa) donnent le plus mauvais exemple qui soit.


La méthode d’investigation est connue. Il s’agit pour le journaliste travaillant en caméra dissimulée, de se faire passer pour quelqu’un d’autre qu’un journaliste, pour faire éclater les turpitudes du milieu ainsi enquêté. Cela peut concerner le travail clandestin, ou comme dans le magazine le plus récent, entrer en contact avec des pédophiles. Une étape supplémentaire a été franchie dans ce dernier cas, avec la dénonciation auprès de la police, des personnes connues et rencontrées à l’occasion de cette enquête.

Il ne s’agit pas là de prendre la défense de ceux qui transgressent très gravement la loi, et qui doivent être sanctionnés, mais de savoir si le rôle de la presse et des journalistes est de se transformer en auxiliaires de police. Certes en tant que citoyen le code pénal (article 443-1) nous fait obligation de prévenir les autorités judiciaires si l’on a connaissance d’un crime sur le point d’être commis. Mais justement cette obligation ne s’applique pas aux professions tenues au secret professionnel (article 226-13 du code pénal.) Dans le cas des journalistes, la mission d’information participe à l’intérêt général en dénonçant des pratiques condamnables. Dénoncer à la police les auteurs de ces pratiques, c’est aller bien au-delà et trahir le secret professionnel.  

Estimer comme l’ont fait les producteurs de cette émission, qu’il y a des circonstances – crimes odieux, risques d’attentats -  où l’efficacité prime devant les principes, c’est se situer dans une logique destructrice, qui a certainement les faveurs de l’opinion publique spontanément du côté des victimes, mais qui, par exemple, a conduit le gouvernement américain à légitimer certaines formes de torture pour lutter contre le terrorisme en Irak. En d’autres termes : La fin justifie-t-elle les moyens ? Poser la question c’est y répondre et situer la frontière entre une société de responsabilité et de droit et une société totalitaire ou barbare. Que des professionnels de grande notoriété aient perdu ces repères – pour faire de l’audience ? – est grave pour la presse dans son ensemble dans une période où les facteurs de fragilisation sont nombreux. Il y a près d’un siècle, la Charte des devoirs des journalistes, rédigée en 1918, indiquait « Un journaliste digne de ce nom ne confond pas son rôle avec celui de policier » et critiquait vivement l’usage «  de moyens déloyaux pour obtenir une information ou surprendre la bonne foi de quiconque. » Exactement le contraire de ce que font les « Les infiltrés ».


Rédigé par jean-claude Charrier le Mardi 20 Avril 2010 | Commentaires (0)

La presse et nous

Roger Chinaud : la vérité des faits


Hymne à la recherche de la vérité dans la presse; hostilité à l'information marchandise et émotionnelle, réhabilitation de l'engagement politique, critique d'Internet " ogre à rumeurs" : autant de thèmes développés avec passion par Roger Chinaud ancien bras droit de Giscard d'Estaing, et intervenant de la conférence " Médias et politique, qu'en pensent les politiques ? ( à propos de son dernier livre: De Giscard à Sarkosy, dans les coulisses de la Ve - l'Archipel )
Compte-rendu très fidèle de Cyrielle Gendron de CitiZen- Nantes
http://www.citizen-nantes.com/article-medias-et-politique-qu-en-pensent-les-politiques-avec-roger-chinaud-48564957.html

Rédigé par jean-claude Charrier le Jeudi 15 Avril 2010 | Commentaires (0)

Vendredi 9 avril 2010 conférence débat à l'Observatoire universitaire des médias avec
Roger Chinaud, homme de l'ombre de la Ve République


Roger Chinaud invité de l'OUM
L’odeur de la politique

« … et avec qui j’ai tenté de partager mon amour de la vie ». C’est ainsi que Roger Chinaud termine sa dédicace dans son dernier ouvrage : « De Giscard à Sarkozy ».
De façon très élégante et éloquente en même temps, Roger Chinaud, nous raconte avec légèreté ses (més-)aventures giscardiennes, restant en même temps un analyste lucide de son temps. Les yeux fixés vers le public dans la salle, toujours un sourire sur ses lèvres, ses deux mains fermes saisissent le micro comme un havre de paix. Evitant ainsi de les porter, comme dans un jeu de pantomime, une fois au nez, une fois aux yeux ou encore à la bouche. Tout de suite mis très à l’aise par Jean Amyot D’Inville et Claude Salmon, Roger Chinaud, répond aux questions concernant sa carrière de « ministre » : Après des études de droit, il milita dans le fédéralisme européen (Nord et Paris). Il entra au Conseil des Communes d’Europe en 1958 (sic!), délégué général du Mouvement national des élus locaux en 1961, et bien d’autres missions jusqu’en 1966. Attiré par la politique et déjà giscardien, il entra au secrétariat général de la Fédération nationale des Républicains Indépendants. Secrétaire politique en 1968. Membre de la section des finances du Conseil économique et social en 1970. Élu en 1973 aux élections législatives dans le 18e arrondissement de Paris. Président du groupe des Républicains Indépendants de l’Assemblée nationale en 1975. Dès lors et pendant une vingtaine d’années, Roger Chinaud sera le dirigeant parisien le plus en vue de cette formation.
Légions sont ses anecdotes concernant des réponses qui se retrouvent veuves des ses questions. Les inévitables « rumeurs » avec leur mécanique si mesquine, propres au monde de la politique prospèrent et se développent apparemment sans avoir une véritable source ou racine. Un «perpetum mobile» qui ne sert à rien d’autre qu’à démolir quelqu’un : Chirac le Brutus de V.G.D. en 1981? Mitterrand : les médias donnent plutôt des émotions que des informations ! Sarkozy, s’il se présente aux élections en 2012, aura-t-il des problèmes à cause de la « non vérité » dit dans la presse ? Ségolène : représente-t-elle le vide de la Gauche ? Comme « on dit » ? La libre expression, affirme-t-il, est important. La libre expression entre deux ou plusieurs camps politiques est vitale. Ou encore : «Il faut avoir du courage pour éviter l’inévitable phénomène d’isolation en politique», «Avec partage et solidarité atteindre la grande vision des choses», «Savoir dans quel sens diriger la politique et donner la lumière de temps», «C’est le rapport entre les hommes qui donne la chair».
Roger Chinaud, le conseiller le plus important de Valéry Giscard D’Estaing, fin connaisseur de la politique française, chasseur de têtes dans la politique, a constaté que désormais l’information est devenue une marchandise ordinaire. Périssables comme d’autres produits. Pire. En mentionnant quelques chaines télévisées ou des émetteurs radio ou encore citant la presse écrite, il affirme qu’on ne retrouve plus de «vérité» dans le journalisme. Il n’y a plus de véritable grande «plume» dans le monde du journalisme. Et pourtant, il évoque un temps où la presse propageait la «vérité», l’Agence France Presse (AFP) était l’Evangile et Le Monde la Bible. Où le Journalisme en majuscule était synonyme de «vérité».
Roger Chinaud montre du doigt, comme peu d’autres, un malaise français d’aujourd’hui : la distorsion entre la politique actuelle et les grandes entreprises et leur impact sur l’opinion publique. Presque chaque groupe français détient aujourd’hui un ou plusieurs médias d’information. Leur vademécum : les français aiment la rumeur et la politique ? Et voilà les rumeurs-commentaires, en passent par des lamentables caricatures. Faut-il interdire : oui, peut-être. En tout cas il faut réserver le temps de parler des choses sérieuses à la télé ou à la radio. Il faut, dit-il, donner directement la parole à la télévion aux politiques, c’est-à-dire : responsabiliser l’information. Revenir à l’information brute, pour éviter toute dénaturation. La «vérité» est une chose dont il faut se battre toute la vie. Roger.

Rédigé par Tommaso Nappo le Dimanche 11 Avril 2010 | Commentaires (0)
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